25.12.2014

Antoine Sarda, un homme épris de culture

 

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Le 25 novembre dernier, Antoine SARDA nous quittait. De nombreux hommages  lui ont été rendu  eu égard à son investissement politique  profondèment humain . Un des domaines où il excella et pu déployer ses talents de rassembleur et de visionnaire aura été celui de la culture départementale quand pendant près de 10 ans il occupera le siège de Vice Président  aux affaires culturelles.

Ainsi participera t-il à la fondation de nombreux sites aujourd’hui  emblématiques de notre département comme le musée d’art contemporain de Céret, le château Musée de Bélesta, le train du pays cathare et du Fenouillèdes, le musées de la préhistoire de Tautavel et bien d’autres encore… Homme de culture du département que l’on consultait encore à l’aube de son départ, promu Chevalier puis Officier des Arts et des Lettres, il n’aura eu de cesse, d’amener à  Estagel cette  couleur artistique de grande ampleur.P1000145MiguelEstrella.jpg

Très tôt Antoine Sarda  baignera dans la musique classique et l’opéra. Son père viticulteur et mélomane saura transmettre à ses enfants cette passion permettant à Marie Claire sa sœur de suivre des cours de chants à Paris et d’entamer une carrière de cantatrice et à Antoine d’inscrire dans ses incontournables ce monde des arts lyriques. Mais c’est avec autant de plaisir et de soif de connaître qu’il fera ensuite la découverte  de la littérature et de la peinture .

A partir de là celui qui sera élu et réélu Conseiller général pendant 32 ans et Maire d’Estagel pendant 24, ne pouvait que laisser traces de sa passion pour  la culture dans ses engagements électoraux. Ceci d’autant plus que, comme nous le confie Roger Payrot son complice dans cette formidable entreprise et ami de toujours « Antoine était porté par l’ idée généreuse de mettre la culture à la portée de tous . L’élu communiste qu’il était revendiquait ce statut  d’éveil des conscience d’un monde de l’art ouvert à tous les milieux sociaux. De là naquit la volonté d’amener à Estagel même, un festival  grandeur nature, un festival où l’art populaire et pas « populacier » serait maître ». P1000091fresques.jpgC’est ainsi que du 5 au 12 août 1983 lors de son second mandat  le Festival d’Estagel et des Côtes du Roussillon Villages voit le jour (1)…Une façon également de donner toutes ses lettres de noblesse à cette jeune appellation dont la manifestation culturelle va  revendiquer haut et fort la promotion dans une approche conviviale. Ainsi la création sera artistique et au-delà de la seule période d’été, le festival   se déclinera ensuite : en printemps déraisonnable et sa note d’humour, mais aussi en mini festival d’hiver au gymnase.., puis en  résidences d’artiste qui permet à Estagel d’être lieu de création de théâtre avec Anne Clément, d’opéra avec Daniel Tosi et Jacquet de  musique avec l’Agram.., et enfin en partenariat entre l’éducation nationale : école, collège et le ministère de la culture . Une création foisonnante (2) qui trouve dans cet arrière pays un lieu d’expression formidable et qui   va accompagner l’essor  de cette culture du vin autour des CRV et affirmer la richesse des Rivesaltes dont Antoine Sarda aura été, le porte-drapeau jusqu’au bout . Au fil des années autour du Maire Conseiller Général, une équipe d’hommes et de femmes convaincus  vont apporter leur technicité, leur savoir-faire, leur idées : Jean Casas, Michel Cadé, Marie José Malis, André Torreilles  entre autres seront de ceux-là..  EN 1986, le bicentenaire de la naissance de François Arago marquera un tournant dans l’histoire du festival qui entame alors sa 4ème édition dans un éblouissant  spectacle son et lumières  à la mémoire du grand homme. C’est aussi à ce moment-là que  viendra le temps des fresques réalisées dans ces périodes du festival (3). Pour les artistes locaux c’est un rendez-vous incontournable voire  des moments  essentiels pour certains dans leur carrière : Gérard Jacquet, Serge Llado, Joël Mettay, Georges Bartoli…Des artistes de renom dans tous les domaines des arts accepteront de venir et revenir à Estagel : Anne Clément, Magdane, Miguel Angel Estrella, Bolling, Barbizet, Monique Guillouet, Michel Rossignon..L’inscription dans le festival méditerranéen via François Pagès, va renforcer ce lien avec les artistes.  Pour la jeunesse locale et départementale les soirées à l’Espace Mandela puis au Jardin du Colysée restent des moments magiques  ou la controverse politique et culturelle s’exprimait librement autour des succulentes grillades  de rouste et de saucisse, d’Hubert Morat et de ses amis.  Sous sa faconde souvent provocatrice et tonitruante, Antoine Sarda était avant tout  un homme épris de culture. Il était heureux de la continuité de son œuvre et de celles de ses amis dans la relance des jours du théâtre de ces dernières années à Estagel. Aujourd’hui gageons que la prochaine saison portera encore plus haut la mémoire d’Antoine Sarda.

Hélène Pons Gralet, décembre 2014

 

(1  (1)   Decret Ministère Agriculture du 28 mars 1977

(2  (2)    l’opéra « Tosca » en co production Daniel Tosi et Jacquet du théâtre de la rencontre, puis « Lakné »,  Dania Cathala « Mère courage » de Bretch, de fameux « opéra rock » : « Orphéo » sur des textes de Roger Payrot et la musique de Daniel Tosi

(3   (3)En 1986 la fresque de Robert Llorens à la Gloire de Françoise Arago dans le la salle Louis Aragon, celle de l’Espace Mandela réalisé par Joseph Castell après la Libération du futur Président d’Afrique du Sud et enfin celle du clocher par les artistes de la galerie parisienne de Fred Roulette

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