15.03.2016

CONFERENCE SUR « VITICULTRICES : UN PLURIEL BIEN SINGULIER »

L'assistance à l'écoute du conférencier.JPG

 

L a conférence de Jean Louis ESCUDIER(1), à la salle Mandela, sur le thème «viticultrices : un pluriel bien singulier » a rencontré un vif succès et suscité un débat très animé. Balayant le siècle à travers des photos d'hier et d'aujourd'hui, l'universitaire a pointé la situation inégalitaire du salariat féminin.
Ainsi les tâches dévolues aux femmes, les montrent courbées, agenouillées dans les travaux de ramassage des sarments ou encore de cueillette. L'homme, à côté d'elle, souvent en position de surveillance du travail féminin, est debout, il porte la hotte ou conduit le tracteur. En cave également, il sera contremaître et sa consœur, manœuvre non qualifiée. C'est pour l'universitaire, dans ce domaine  et notamment en œnologie, que l'évolution est aujourd'hui la plus flagrante, non seulement les femmes s'y sont faite une place à l'égal des hommes, mais dans de prestigieux domaines viticoles en Bourgogne ou dans les Côtes du Rhône, elle sont devenue « maîtres de chais ».
Ni les guerres mondiales, ni les contingences économiques, ne remettront en cause ce système inégalitaire de la rémunération, en viticulture, du travail des femmes mal payées à « mi valeur » du salaire de l'homme. C'est l'évolution des mœurs à partir des années 60, qui en France, va modifier ce rapport salarial en viticulture, comme dans d'autres domaines. Combat de longue haleine puisque, nous dit l'universitaire, « à l'occasion de telle ou telle introduction de nouvelle technologie, l'argumentation d'incompétences techniques ou physiques ressurgit alors que l'adaptation ergonomique permet très vite de donner la possibilité aux femmes de faire les mêmes tâches que les hommes ». L'économiste, termine en montrant à travers d'autres exemples,« qu'aujourd'hui ces discriminations dans les emplois et les salaires n'ont pas disparues en viticulture, mais qu'elles ne concernent plus seulement les femmes et que la différenciation se fait alors sur le niveau de la qualification ».
Cet exposé très riche et bien documenté, a laissé la place à une discussion entre l'intervenant et la salle qui s'est prolongée autour de l'apéritif proposé par l'Association des Vignerons Indépendants d'Estagel. Les participants ont put ainsi apprécier la qualité et la diversité des vins des domaines Estagellois. La Présidente, Nadine Sire, a alors rappelé les prochains rendez-vous de l'association : la restauration du « Casot du Mas Rafael » sur la commune de Montner, autour d'une grillade le samedi 16 avril et la soirée « Vins et Casots » le 9 juillet. Deux dates à retenir.

(1)Jean-Louis ESCUDIER : contibution à l'histoire des rapports économiques de genre : application à la viticulture française 1850-2010 sous la direction de Nicolas Marty. perpigna Université de Perpignan Via Domitia, 25 juin 2014

10:26 Publié dans AVIN d'Estagel | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

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